23/11/06

Les difficultés de la vie

Désolée, c'est de l'écrit et pas du dessiné parce que je ne sais pas comment représenter tout ça...
Ce sont mes authentiques problèmes d'ados qui partent d'une goutte et se transforment en fontaine, "tout frais" comme je pourrais dire en plaisantant sauf que là je suis en larmes, juste pour me rendre compte qu'en réalité je suis une ado aussi conne que les autres...
Ce n'est pas du grand art, juste une tranche de vie amère et humide.
—Ah... Est-ce que le CMB répond à ces critères?
—Hey, elle peut toujours essayer chez Eugénie, elle a une association...
C'est foutu, merde. Adieu, le stage en médiathèque du CMB intéressant, bonjour l'ennui. Tout ça parce que j'ai sauté une classe. Une décision que je n'ai pas prise, qui s'est tramée dans mon dos à mes six ans. C'est dégueulasse, pourquoi je me retrouve avec tous les choix devant moi, en miettes soudain?
—Et en plus je vais devoir recopier cette p
—Agathe, tu veux du gâteau ou un fruit?
—Pas faim.
Je monte...
—Tu vas prendre ta douche?
Je ne réponds pas. Alors que je me lave en larmes, mon frère Basile (six ans) entre.
—C'EST FERMÉ, DÉGAGE!
—Agathe, parle pas comme à ton frère!
Basile ne dit rien et part. Alors que je me rhabille il dit derrière la porte :
—Agathe, U est là et veut te parler.
Pourquoi je n'ai pas pris la peine de l'écouter? Pourquoi je n'ai pas entendu le nom "U"? Je croyais qu'il avait dit "Papa" ou "Maman". Et je ne voulais pas les écouter, alors je l'ai envoyé bouler. Mais si j'avais entendu et compris le nom de cette petite licorne de dessin animé, grande soeur de toutes les filles qui grandissent, innocence et confidence même, et trop parfait ou trop émouvant pour exister... Putain, si seulement j'avais compris qu'il parlait de "U", j'aurais sans doute été si émue, que je l'aurais accueillie à bras ouverts et en larmes. Je crois que de tout ça, c'est l'histoire de U, qui m'a le plus émue. Basile, pardon!
Me revoilà devant l'ordi. Je pense me consoler mais non. Seul rayon de soleil, grâce à notre travail d'équipe avec mon frangin, il a eu 20 sur 20 en fiche de lecture. Mais je suis toujours furieuse et n'éprouve pour le moment aucune culpabilité. Je ne me rendais compte de rien... Maman :
—Agathe, je prépare un mot pour ta prof. Je voudrais qu'on prenne rendez-vous et que tu sois avec moi.
—Pourquoi tu cherches, ça sert à rien!
Puis plus tard, elle vient me parler.
—Et puis, ne renonce pas à l'échange avec l'Angleterre pour ça. Ça n'a aucun rapport. Et je suis sûre que ça te fera du bien. Tu sais, c'est mal de rester devant ton ordi comme ça. Tu vois personne, tu parles à personne.
—Je ne sais jamais quoi dire...
—Parce que tu ne vois pas souvent des gens.
Discussion.
—Fais-moi confiance, Agathe, s'il te plaît.
Et là je sors sans doute l'une des plus belles conneries de ma vie :
—Je ne sais plus à qui faire confiance.
—Fais-moi confiance...
Putain de merde, elle pleure! Là, les remords m'envahissent. En grand bloc. La voilà qui insiste et moi de pleurer (je n'avais pas arrêté depuis tout à l'heure et je pleure toujours non-stop maintenant) et de lui promettre que je lui fais confiance. Voilà qu'on essaie une discussion sur les amies et les parents qui réconfortent, ma meilleure amie qui n'était pas là quand j'ai voulu l'appeler lors d'un coup de blues, ce qui m'a valu un énorme coup de cafard, et je rigolais dans mes larmes... Mais je n'y croyais pas vraiment.
Ah, Basile entre. Il parle un peu à Maman, puis je lui fais signe de venir et je le serre dans mes bras.
—Excuse-moi pour tout à l'heure.
—Tu sais Agathe, si je t'ai dit qu'U était là, c'est parce que je voulais que tu sois contente, et je voulais que tu croies vraiment qu'elle était là...
C'est seulement là que je réalise qu'il parlait de U et que mes sanglots redoublent. L'innocence et la petite gentillesse de mon frère m'émeut. Il part et revient me proposer ses feutres pour me consoler, que je refuse avec un "Tu es génial" et un nouveau câlin.
Bon, vous vous êtes endormis devant l'ordi, non? Pas moi... En tout cas voilà, une demi-heure, j'ai fini!^^

Ils ne savent pas que j'ai écrit ça. J'espère qu'ils me le pardonneront. Je veux m'en souvenir toujours et le partager avec vous... Merci beaucoup.
*Rah, j'ai mal à la tête à force de pleurer...*

EDIT EPILOGUE :
Basile vient d'entrer dans la pièce.
—Agathe, tu es toujours triste?
—Non...

Posté par AKHTS à 21:27 - Commentaires [6] - Permalien [#]