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(J'aurais aimé faire ce dessin plus sombre, mais bon, tant pis. Ça a fini comme ça a fini.)

 

 

Quand j'étais petite, on avait un CD d'Alain Souchon enregistré sur une cassette audio qu'on écoutait lors des road-trips pour partir en vacances. Je me suis rendue compte récemment, en y repensant, qu'il s'agissait d'une collection de ses chansons des années 70-début 80, et donc, dès que j'ai reconnu sur le dos d'un CD en magasin les titres dont je me souvenais si bien d'alors, je me suis empressée de l'acheter.
Je me suis alors rendu compte que la cassette audio n'avait pas été assez longue et qu'en plus des 11 morceaux dont je me souvenais de quand j'étais petite, il y en avait 7 autres, certains que je connaissais déjà, d'autres pas.
L'un de ces 7 morceaux était Manivelle.
Je ne sais pas si ça m'aurait plu de le connaître à l'époque où s'il valait mieux en fait que je le découvre maintenant. En tout cas... C'est du putain de timing quand même.
J'ai parlé, il y a deux posts, de ce que les chanteurs français écrivaient en fonction de leur âge, tout ça. Quand Souchon a écrit les paroles pour Manivelle, sur l'un de ces superbes airs de Voulzy qui, honte à moi de le dire mais damn c'est vrai, vont presque mieux à Souchon qu'à Voulzy... Bref, quand Souchon a écrit ça, il devait avoir juste le bon âge. Le bon âge pour écrire des choses sages, vraies, si vraies qu'elles font très mal en même temps, outre les effets positifs.
J'ai découvert cette chanson bien tard, il y a tout juste quelques mois... Ça ne sert pas ma nostalgie autant que celles que je connaissais avant, bien sûr, mais cette chanson m'a émue au-delà des larmes. Moi qui suis dans cet âge où on se sent grandir et vieillir et on ne sait plus lequel de ces deux verbes utiliser, moi qui sens toute ma vie se barrer à une vitesse folle et qui me demande ce que j'ai foutu de mon enfance, pourquoi j'étais si con et pourquoi j'ai pas accompli plus de choses, Manivelle m'a chopée par tout le corps et m'a balancée par terre avec violence. Y a dans cette chanson toute la peur, tous les regrets, toute la fatalité qui me terrifie de plus en plus et que pourtant je suis de plus en plus forcée d'accepter.
La fin de l'histoire, on la connaît tous, monsieur Souchon... On meurt. Et dans le cas de gens ordinaires comme moi, on meurt sans avoir jamais rien fait.

Au secours. Au secours. Au secours!
C'est comme d'appeler pour sa vie alors qu'on sait clairement qu'on va mourir.